Un trésor naturaliste cher à Reliefs

 Une illustration imprimée avec soin sur papier d’art
Livret autour de l’œuvre — Impression Pantone argent
Format 30 x 40 cm

Palissade et papillons

« On voit dans cette planche une branche d’un arbre de Surinam que l’on nomme palissade dans le pays : en le fendant on en fait des ais ; les Américains en construisent leurs maisons, dont les quatre coins sont quatre solives enfoncées en terre qui servent à soutenir ces ais. Cet arbre porte une fleur jaune, épaisse et pesante, de manière que quand cette fleur est tombée, la branche se relève et croît. Les gousses qui renferment la semence forment comme un balai de bouleau, et effectivement on s’en sert quelquefois en guise de balai. Ces gousses portent beaucoup de semences qui ressemblent au millet pour la figure et la grosseur. » 

Anna Maria Sibylla Merian

La Métamorphose des insectes du Surinam, publiée en latin et en néerlandais en 1705, marque d’une pierre blanche l’histoire de l’entomologie. Maria Sibylla Merian est la première à étudier et à dessiner le cycle de vie complet d’insectes, démentant ainsi les croyances remontant à Aristote selon lesquelles ces créatures jaillissaient spontanément de la boue. C’est aussi la première à présenter la faune et la flore du Surinam, colonie néerlandaise administrée depuis 1667 par la Compagnie des Indes occidentales. Cet ouvrage unique composé de soixante magnifiques gravures présente le développement et la reproduction de nombreuses espèces, araignées, papillons, fourmis, mais aussi grenouilles, serpents et lézards. Plusieurs planches décrivent dans tous leurs détails les processus de métamorphose de chenilles, larves et nymphes jusqu’au stade de papillon, coléoptère, abeille ou mouche. Les données d’observation abondent sur les plantes hôtes (et d’autres animaux tropicaux associés) et sur les relations complexes entre insectes et fleurs, anticipant avec près de deux siècles d’avance le concept de symbiose, développé en 1877 par le biologiste allemand Albert Bernhard Frank (1839-1900). Marque de son extraordinaire talent scientifique et artistique, la classification de 186 espèces de papillons par Maria Sibylla Merian est encore utilisée de nos jours.

Fille de Matthäus Merian, éditeur suisse qui a donné son nom à un magazine de voyage allemand, Maria Sibylla Merian (1647-1717) est éduquée par son beau-père, le peintre de fleurs Jakob Marrel (1613/4-1681). À 18 ans, elle épouse Johann Andreas Graff (1636-1701), peintre de monuments qu’elle suit à Nuremberg. Elle se plonge dans le cycle de vie des papillons, nourrie par la lecture de Francesco Redi (1626-1697), biologiste italien mettant en doute la génération spontanée, et publie en 1678 La Merveilleuse Transformation et l’étrange nourriture florale de la chenille. Après quoi elle quitte son mari pour le château de Waltha, dans la Frise néerlandaise, propriété du gouverneur du Surinam et refuge d’une secte illuministe. Elle y demeure tout en séjournant occasionnellement à Amsterdam, où elle empile coquillages, insectes et coraux et vit de ses illustrations. À 52 ans, elle s’embarque pour le Surinam et rentre deux ans plus tard les malles pleines de plantes, d’insectes et d’animaux inconnus. Vendu 55 gulder (environ 500 €), son chef-d’oeuvre en deux volumes, Metamorphosis insectorum Surinamensium lui attire de nombreux admirateurs, dont Pierre le Grand (1672-1725). Après sa mort, sa notoriété se perpétue en Russie, où elle détermine la vocation d’entomologiste de Vladimir Nabokov, et en Allemagne, où ses travaux lui valent la considération de Carl von Linné. Son portrait figurait sur le dernier billet de 500 deutschemark.

Ouvrage original : Metamorphosis insectorum Surinamensium

Date de publication : 1705

Anna Maria Sibylla Merian

Tirage sur papier d’art
L’histoire de l’œuvre dans son livret
Format 30 x 40 cm

25 €

Fougère en épi

« Notre seule espèce indigène de cette fougère forme de belles touffes, qui attirent l’attention des amoureux des plantes par la différence marquée entre les frondes stériles et les frondes fertiles nées d’un même rhizome. Elle n’a rien d’une fougère rare ; et plus d’un randonneur en quête d’un bouquet de fleurs sauvages marie ses feuilles d’un vert éclatant à une branche et des fleurs de bruyère ou de genêt à balais. » 

Anne Pratt

Extrait d’un album en six volumes, The Flowering Plants. Grasses, Sedges, and Ferns of Great Britain (1855-1873), ce tirage est un chef-d’œuvre de l’illustratrion botanique. L’artiste, Anne Pratt, célèbre depuis Wild Flowers of the Year (1852), est critiquée dans les milieux scientifiques, bien que lue par la reine Victoria ; cela n’empêchera pas ses planches de marquer l’histoire de la botanique et de s’imposer comme des références cent ans plus tard.

Anne Pratt (1806-1893) fut l’une des plus illustres peintres botaniques de l’ère victorienne. Publiant plus de vingt ouvrages que la reine Victoria lisait assidûment, elle remporta en 1852 avec ses Wild Flowers, dont les planches étaient également diffusées comme tableaux pour salles de classe, un premier grand succès public, assombri par un dédain universitaire persistant pour son statut d’autodidacte. Fille d’un épicier du Kent et d’une mère férue de plantes, la petite Anne pâtit d’une santé fragile et d’un genou déficient : on l’encourage donc à s’occuper en dessinant. Éduquée à Rochester, ville favorite de Charles Dickens (1812-1870), elle est initiée à la botanique par un ami de la famille, le Dr Dods. Installée au sud de Londres à 20 ans, elle débute une carrière d’illustratrice en un temps, « l’âge d’or de l’art botanique », où la société britannique se passionne pour le jardinage et la nature, où l’imprimerie développe de nouvelles techniques de reproduction et où quelques femmes de talent pratiquent cette activité jugée « ladylike », c’est-à-dire comme il faut pour une dame. Ne vivant que de son art, Anne Pratt démontre jusqu’au grand âge que la professionnalisation croissante des sciences naturelles n’était pas le domaine réservé des hommes, et que sa science valait bien la leur.

Ouvrage original : The Flowering Plants. Grasses, Sedges, and Ferns of Great Britain
Date de publication : 1855-1873

Anne Pratt

Tirage sur papier d’art
L’histoire de l’œuvre dans son livret
Format 30 x 40 cm

25 €

Polyporus giganteus

« Ce splendide champignon dont l’illustration ne présente qu’une petite partie a été observé en entier et pour la première fois en 1847 à Hayes, à l’ouest de Londres, réapparaissant en 1848 sur une souche d’acacia enfouie dans le gazon. La couleur générale de la plante était un délicat ocre jaune, le rebord rigide et velouté distinguant chaque chapeau d’un brun roux profond, les parties inférieures en forme de pied et masquées par l’herbe demeurant blanches. » 

Anna Maria Hussey

Depuis 1882, le Polypore géant se nomme Meripilus giganteus, mais il est toujours aussi impressionnant, avec ses nombreux chapeaux striés concentriquement qui s’étalent en rosette sur plusieurs dizaines de centimètres autour d’un tronc de hêtre ou de chêne. L’art d’Anna Maria Hussey en fait un magnifique bouquet d’élégants papillons aux ailes finement ocrées. Comme elle l’écrit dans son commentaire, avec son œil exercé d’aquarelliste, « peut-être que le bois sur lequel il pousse influence sa couleur ; mais la seule couleur, comme nous le répétons souvent, est une qualité fallacieuse. Avec l’âge, le Polypore ne ressemble plus à rien de ce qu’il est dans sa vigoureuse maturité, le fin velours de sa chair se fait fibreux, les jaunes pâles tournent au brun, les bruns profonds deviennent pâles, la rousseur s’installe sur le dessus tandis que les pores virent au vert-de-gris sale… » À son époque, on ne considérait pas le Polypore comme comestible ; aujourd’hui, on conseille de le déguster jeune, mais mieux vaut se régaler d’un autre membre de la « tribu des Pileati » (champignons à chapeaux), comme elle les nomme : Boletus, dont son plus délicieux représentant, le cèpe.

Née dans le Buckinghamshire dans la famille nombreuse d’un recteur anglican éclairé, Anna Maria Reed (1805-1853) s’intéresse à la botanique, à la géologie et à l’art. La fréquentation de son voisin et contemporain Charles Darwin (1809-1882), fils de recteur, la pousse à se spécialiser dans l’étude des champignons, dont avec sa jeune soeur Frances Reed elle devient une experte. De plus, elle correspond assidûment avec le plus éminent mycologue du temps, auteur de plus de 6 000 descriptions d’espèces, le révérend Miles Joseph Berkeley (1803-1889). Ayant épousé à 26 ans Thomas John Hussey (1792-1854), recteur du Kent et astronome distingué avec qui elle aura six enfants, dont deux parviendront à l’âge adulte, elle multiplie cueillettes et aquarelles et publie en 1847 le premier volume de Illustrations of British Mycology, 90 lithographies en couleurs d’espèces collectées et dessinées par elle et sa sœur, accompagnées de descriptions, d’observations personnelles, d’anecdotes et de conseils aux mycologues amateurs (il y en aura 140 en tout). Cette approche sensible, artiste mais d’une parfaite précision scientifique lui vaudra de la part de son mentor Berkeley l’attribution de son nom, Calostoma husseia, à un champignon gastéroïde. Il fera de même en baptisant du nom de sa sœur, Cortinarius reediae, un champignon lamellé.

Ouvrage original : Illustrations of British Mycology
Date de publication : 1847-1855

Anna Maria Hussey

Tirage sur papier d’art
L’histoire de l’œuvre dans son livret
Format 30 x 40 cm

25 €

Norfolk Broads

« Nous nous risquons à présenter au public une série de plaques photographiques tirées directement de la nature. Ces images ont été étudiées et composées avec soin dans l’un des districts d’Angleterre parmi les plus beaux, intéressants et uniques. Notre but était de produire un livre d’art pour les amateurs d’art ; le texte, plutôt que d’être illustré par les photographies, en constitue l’illustration et le complément : souvent explicatif, il apporte des informations dignes d’intérêt sur des circonstances particulières ou des usages populaires, afin de rendre plus vivants pour le lecteur la scène ou le moment de vie présentés et de peindre par les mots le cadre et les effets que ne peut exprimer l’art pictural. » 

Peter Henry Emerson

En 1886, le photographe Peter Henry Emerson parcourt avec son ami le peintre Thomas F. Goodall (1857-1944) les Norfolk Broads, réseau de 300 km de voies navigables et de 14 lacs créés par le drainage des marais médiévaux (les « Broads ») dans le Nord-Est de l’Angleterre. Pour le tirage des quarante plaques de Life and Landscape on the Norfolk Broads, illustré et mis en page par Goodall, il opte pour des épreuves au platine, procédé mis au point en 1873 par William Willis et mieux apte à rendre les subtilités brumeuses de l’atmosphère des marais. Toutes les planches portent sur la flore, la faune et les travailleurs de ces lieux. Et elles illustrent à la perfection le style que préconisera Emerson dans Naturalistic Photography for Students of the Arts, pamphlet publié en 1889. Farouchement opposé à la composition d’images par la combinaison de plusieurs négatifs, la retouche des négatifs et la colorisation des impressions, procédés très courants à son époque, il promeut la « mise au point différentielle » où les détails varient en netteté du centre vers les bords, sur le modèle de la vision humaine. Avec ses images d’harmonie paisible entre les travailleurs et le paysage dans lequel ils s’activent avec précision et lenteur, Emerson pratique donc avec cent ans d’avance le bokeh, terme japonais désignant aujourd’hui le rendu du flou hors du champ de netteté…

Né dans une plantation sucrière de Cuba, cousin éloigné de Ralph Waldo Emerson et de Samuel Morse, Peter Henry Emerson (1856-1936) s’installe en Angleterre à 13 ans. Il y poursuit de brillantes études, à Londres puis à Cambridge, où il décroche son diplôme de médecine en 1885. Fondateur du Camera Club et rapidement élu à la Royal Photographic Society, il abandonne sa brève activité de chirurgien pour se consacrer à la photographie et à l’écriture, en plus de son appétence pour la nature, le billard, l’aviron et la météorologie. Sa défense acharnée du naturalisme trouve vite ses limites : le marché propose désormais des appareils plus portables et des pellicules plus efficaces, et la photogravure offre un rendu que ni l’albumine ni le platine ne peuvent égaler. En 1991, Emerson publie donc une étonnante rétractation, The Death of Naturalistic Photography, où l’enregistreur patient mais passif des « humeurs propices » de la nature abandonne à la fois l’idée de la photographie comme « fine art » et le naturalisme comme base philosophique de l’art. Cela ne l’empêchera pas de produire d’autres merveilleux albums consacrés à ses lieux d’élection, On English Lagoons, Birds, Beasts and Fishes from the Norfolk Broadland, et surtout en 1895 Marsh Leaves (« feuilles de marais »), seize images d’un graphisme très japonisant.

Ouvrage original : Life and Landscape on the Norfolk Broads
Date de publication : 1886

Peter Henry Emerson

Tirage sur papier d’art
L’histoire de l’œuvre dans son livret
Format 30 x 40 cm

25 €

Sakurajima

« Je pars vers les paysages du paradis de l’Ouest, abandonnant mon pinceau sur la route de l’Est. »

Andō Hiroshige

Le volcan Sakurajima (littéralement « île des fleurs de cerisier »), situé sur l’île de Kyūshū, dans l’archipel Ōsumi, est l’une des soixante-neuf Vues des  sites célèbres des soixante et quelques provinces du Japon . Dans cette série d’estampes publiée entre 1853 et 1856, dans le genre meisho-e (illustration de lieux célèbres), Hiroshige peint des paysages inspirés d’autres artistes, desquels il se distingue par un format vertical qui lui permet d’adopter de nouveaux cadrages et points de vue. Entre d’autres représentations centrées sur des bateaux, des ponts et des scènes de la vie humaine, cette vue du Sakurajima laisse la place à la nature et au volcan au nom évoqué par les fleurs de cerisiers sur son flanc, et dont les teintes sommitales rejoignent le ciel vaporeux.

Andō Hiroshige (1797-1858), plus connu sous le nom d’Utagawa Hiroshige, est un peintre japonais de la seconde moitié du XIXe siècle. Il étudie le style de l’école Kano, proche de la peinture chinoise, avant de se former auprès d’un grand paysagiste, Toyohiro. Il est passionné de poésie et de voyages, mais illustre des romans et occupe quelques temps un poste d’officier de police à Edo avant de se forger la grande réputation de paysagiste que lui vaut son voyage sur la route du Tokaîdo, illustré par 55 estampes (Les Cinquante-trois stations du Tōkaidō, soit d’Edo à Tokyo). Il est, avec Hokusai, l’un des principaux représentants du mouvement artistique de l’ukiyo-e (« images d’un monde flottant »), avec une approche naturaliste. Déjà connu lorsqu’il crée ces Vues des sites célèbres de la soixantaine de provinces du Japon (1853-1856), Hiroshige s’oriente vers une peinture plus contrastée des paysages japonais, entre des premiers plans aux formes nettes et franches, et des cieux et horizons plus vaporeux, à l’atmosphère légère et poétique.

Ouvrage original : Vues des sites célèbres des soixante et quelques provinces du Japon
Date de publication: 1853-1856

Andō Hiroshige

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L’histoire de l’œuvre dans son livret
Format 30 x 40 cm

25 €

Chouette cendrée

« La chouette cendrée n’est pas un oiseau rare dans les pays à fourrure, elle habite toutes les régions boisées entre le lac Supérieur et le 67e et 68e parallèle nord, et entre la baie d’Hudson et l’océan Pacifique. Elle est commune sur les rives du grand lac de l’Ours : sous ces hautes latitudes, elle doit chasser à la lumière du jour pendant les mois d’été. Elle demeure cependant dans les sous-bois, ne fréquente pas les lieux dénudés, comme le fait le harfang des neiges, et ne se montre guère en plein jour telle la chouette épervière, chassant principalement quand le soleil est bas sur l’horizon. C’est seulement à ces heures de la journée, quand les profondeurs des forêts baignent dans l’ombre, que le lièvre d’Amérique et les petits rongeurs, proies favorites de la chouette cendrée, sortent pour se nourrir. »

Dr Richardson in Les Oiseaux d’Amérique

 

La chouette cendrée est l’un des Oiseaux d’Amérique présentés par Jean-Jacques Audubon dans un ouvrage paru entre 1827 et 1838. Salué par Georges Cuvier dans un discours prononcé à l’Académie royale des sciences, le livre documente les oiseaux d’Amérique du Nord et constitue « le monument le plus magnifique qui ait encore été élevé à l’ornithologie ». Jean-Jacques Audubon y représente de nombreuses espèces avec une grande finesse de détails et de couleurs.

Jean-Jacques Audubon, naturaliste, peintre et ornithologue naturalisé Américain et d’origine française, naît en Haïti et passe son enfance en Bretagne, où il se passionne pour l’histoire naturelle. Arrivé aux États-Unis en 1803, il s’installe à Louisville, où naissent ses trois fils, et commence à dessiner et chasser des oiseaux sur les bords de l’Ohio. Il poursuit ses observations des oiseaux d’Amérique le long du Mississipi, sur une barge de pionniers, et rencontre les derniers Indiens libres pendant que sa femme occupe des postes de préceptrice pour couvrir les dépenses du foyer. Alors que les élites scientifiques s’intéressent davantage aux travaux de son concurrent, le peintre ornithologue Alexander Wilson, qu’il a rencontré en 1810 et dont il juge les dessins de moindre qualité, Audubon décide de partir pour Londres en 1826. C’est en Angleterre qu’il parvient finalement à trouver un graveur et à rassembler assez d’argent pour publier son ouvrage, Les Oiseaux d’Amérique, par souscription. Cette œuvre lui vaut de devenir membre de la Royal Society et d’être unanimement reconnu comme le premier ornithologue du nouveau monde. Celui qui écrivait que « la nature elle-même disparaît et la cupidité de l’homme éliminera bientôt du Labrador non seulement l’homme mais tout être vivant » peut être considéré comme précurseur d’une pensée des relations du vivant à la nature.

Ouvrage original : Les oiseaux d’Amérique
Dates de publication: 1827-1838

Jean-Jacques Audubon

Tirage sur papier d’art
L’histoire de l’œuvre dans son livret
Format 30 x 40 cm

25 €

Merlebleu

 « Un petit nombre de merlebleus passent l’hiver dans l’Ohio et, quand le temps est clair, leurs gazouillis plaintifs évoquent irrésistiblement le soleil et le plaisir. Même ceux qui vont chercher dans un climat plus doux leurs résidences d’hiver semblent garder à l’esprit les jours heureux dans leur terre natale et retournent souvent précocement dans leurs anciens foyers. Dès janvier ou février, alors que la nature est encore gelée et morose, on peut ainsi voir ces hardis petits migrateurs attendre patiemment l’arrivée du printemps. »

Dr. Howard Jones, Illustrations of the Nests and Eggs of Birds of Ohio, 1879-1886

 

Le merlebleu de l’Est est l’une des 130 espèces d’oiseaux documentées dans les Illustrations des nids et œufs des oiseaux de l’Ohio de Genevieve Estelle Jones et de son amie d’enfance, Eliza Janes Shulze. À la mort prématurée de Genevieve, sa famille éplorée s’emploie à compléter l’œuvre de cette « autre Audubon », comme on l’a bien vite baptisée. C’est en 1893 que les deux volumes achevés sont présentés à l’Exposition universelle de Chicago, où ils reçoivent une médaille de bronze. L’ornithologue Elliot Coues écrivait en 1882 : « Depuis Audubon, rien ne se compare dans l’histoire de l’ornithologie américaine avec ce travail d’illustration, rien qui manifeste l’union d’un tel degré artistique et de rigueur scientifique. »

Née à Circleville dans l’Ohio, Genevieve Estelle Jones brille d’abord au lycée en mathématiques, sciences et langues. Elle maîtrise aussi le piano, la flûte, la couture et la danse et fait l’admiration de ses tuteurs. Mais c’est pendant son enfance, accompagnant avec son frère les tournées de leur père médecin, qu’elle récolte des nids et œufs et conçoit une passion pour les oiseaux. Ce goût rencontre celui de l’aquarelle, que lui transmet sa mère, Virginia Jones. En 1876, Genevieve est éblouie par les planches des Oiseaux d’Amérique de Jean-Jacques Audubon qu’elle découvre à l’Exposition universelle de Philadelphie. Encouragée par ses proches, elle se lance avec son amie d’enfance, Eliza Jane Shulze, dans le projet de documenter et d’illustrer à taille réelle les nids et œufs, souvent négligés par Audubon, des 320 espèces d’oiseaux d’Amérique. Elle se cantonne finalement aux 130 espèces de l’Ohio, mais elle est emportée par la fièvre typhoïde à l’âge de 32 ans avant d’avoir pu achever son œuvre. Eliza Jane Shulze initie alors Virginia à la lithographie et s’entoure de Josephine Klippart, la fondatrice de la société d’aquarelle de l’Ohio, et de deux citoyennes de Circleville pour achever après sept années de travail l’œuvre rêvée par Genevieve.

Ouvrage original : Illustrations of the Nests and Eggs of Birds of Ohio
Dates de publication: 1879-1886

Genevieve Estelle Jones

Tirage sur papier d’art
L’histoire de l’œuvre dans son livret
Format 30 x 40 cm

25 €

Herbier des mers

 « La difficulté de dessiner avec précision des objets aussi minuscules que les nombreuses espèces d’algues et de cladophores m’a conduite à utiliser un merveilleux procédé photographique, le cyanotype de Sir John Herschel, pour obtenir des reproductions fidèles des plantes que j’ai beaucoup de plaisir à offrir à mes amis botanistes. »

Anna Atkins

Publiées entre 1843 et 1853  sous forme de douze petits fascicules d’une cinquantaine de pages chacun, les Photographs of British Algae sont l’une des productions clés de l’histoire de la photographie, mariant pour la première fois photographie et édition à une époque où les livres illustrés l’étaient à la main par des dessinateurs et des graveurs. Les cyanotypes — procédé de photographie monochrome mis au point en 1842 par John Herschel — d’Anna Atkins forment un herbier conçu comme accompagnement du Manual of the British Marine Algae de William Harvey, qui proposait en 1841 une classification des algues à la précision et à l’ampleur inédites.

Anna Atkins (1799-1871), fille du responsable du département d’histoire naturelle du British Museum, hérite de la passion de son père naturaliste pour la botanique. Avant la photographie, elle pratique la gravure et illustre une traduction anglaise de l’Histoire des mollusques de Jean-Baptiste de Lamarck, ainsi que divers ouvrages naturalistes. Membre de la Société botanique de Londres dès 1939, elle constitue un herbier, collecte des algues et s’intéresse à la photographie en échangeant avec l’un de ses pionniers, William Henry Fox Talbot. Sans appareil photographique, elle documente les spécimens d’algues qu’elle collecte en les posant directement sur une surface photosensible, avec la technique du cyanotype qu’elle emprunte à son inventeur et ami de la famille Atkins, Sir John Herschel. Elle fonde avec son amie Anne Dixon le projet de publier un nouvel herbier de « Cyanotypes de fougères britanniques et étrangères » (Cyanotypes of British and Foreign Ferns) ; mais son Manual of the British Marine Algae reste l’ouvrage qui la consacre comme une pionnière de l’illustration scientifique par la photographie.

Ouvrage original : Photographs of British Algae
Dates de publication: 1843-1853

Anna Atkins

Tirage sur papier d’art
L’histoire de l’œuvre dans son livret
Format 30 x 40 cm

25 €
Une œuvre littéraire chère à Reliefs,
une illustration imprimée sur un papier de création.

Dans la lignée de l’âge d’or de l’illustration, lors duquel Gustave Doré, Grandville, Arthur Rackham ou John Tenniel apportèrent leur vision de textes classiques ou devenus tels, Reliefs Éditions propose une nouvelle collection : les Éditions illustrées. Retrouvez, dans un élégant fourreau, une illustration réalisée par un artiste contemporain ainsi que l’extrait littéraire qui l’a fait naître.

 Tirage sur papier de création prêt à encadrer
Livret avec extrait littéraire — Impression Pantone argent
Format 30 x 40 cm

Le Cristal d’un lac

« En tel jour, de septembre ou d’octobre, Walden est un parfait miroir de forêt, serti tout autour de pierres aussi précieuses à mes yeux que si elles fussent moindres ou de plus de prix. Rien d’aussi beau, d’aussi pur, et en même temps d’aussi large qu’un lac, peut-être, ne repose sur la surface de la terre. De l’eau ciel. Il ne réclame point de barrière. Les nations viennent et s’en vont sans le souiller. C’est un miroir que nulle pierre ne peut fêler, dont le vif-argent jamais ne se dissipera, dont sans cesse la Nature ravive le doré ; ni orages, ni poussière, ne sauraient ternir sa surface toujours fraîche. »

Publié en 1854, Walden ou la Vie dans les bois est le récit de la vie qu’Henry David Thoreau a menée pendant deux ans, deux mois et deux jours dans une cabane construite de ses mains au bord de l’étang de Walden (Massachusetts). Mêlant philosophie, réflexions autobiographiques et descriptions naturalistes au fil des saisons, Thoreau présente ses pensées et observations sur cette existence au plus proche de l’environnement : il critique une civilisation occidentale qui éloigne l’homme de la nature, et explique comment, à son contact, l’individu peut se renouveler et fonder une éthique. Aujourd’hui encore, Waldenreste un classique de la littérature américaine et l’ouvrage fondateur du nature writing, fournissant un socle philosophique essentiel à la pensée écologiste moderne.

L’auteur : Henry David Thoreau
L’illustrateur : Olivier Bonhomme

Tirage sur papier de création
Extrait littéraire dans son livret
Format 30 x 40 cm

25 €

L’Arcadie en Berry

« Vous n’avez pas d’idée de tous les rêves que je fais dans mes courses au soleil. Je me figure être aux beaux jours de la Grèce. Dans cet heureux pays que j’habite, on fait souvent deux lieues sans rencontrer une face humaine. Les troupeaux restent seuls dans les pâturages bien clos de haies magnifiques. L’illusion peut donc durer longtemps. C’est un de mes grands amusements, quand je me promène un peu au loin dans des sentiers que je ne connais pas, de m’imaginer que je parcours un autre pays avec lequel je trouve de l’analogie. »

Dans cette lettre de juillet 1836, George Sand confie ses pensées et impressions à Marie d’Agoult, comtesse et femme de lettres, qui vit alors à Genève une passion scandaleuse avec Franz Liszt, peu avant de les rejoindre pour une excursion dans les Alpes. Les deux femmes entretiennent des relations parfois amicales, mais souvent conflictuelles. George Sand, Marie d’Agoult et Franz Liszt inspireront d’ailleurs à Balzac les personnages de l’un de ses romans, Béatrix (1839). Dans cette lettre, George Sand laisse libre cours à son imagination, dans une rêverie inspirée par un contact direct et fusionnel avec la nature…

L’autrice : George Sand
L’illustrateur : Kanellos Bitsikas

Tirage sur papier de création
Extrait littéraire dans son livret
Format 30 x 40 cm

25 €

Le Nil

« Cependant le soleil montait derrière la chaîne arabique, le brouillard se déchirait en grandes gazes légères, les prairies coupées de canaux étaient comme des tapis verts, arabesques de galon, de sorte qu’il n’y avait que trois couleurs : un immense vert à mes pieds, au premier plan, le ciel blond-rouge comme du vermeil usé, derrière et, à côté une autre étendue mamelonnée d’un ton roussi et chatoyant ; puis les minarets blancs du Caire tout au fond, et les canges qui passaient sur le Nil, les deux voiles étendues (comme les ailes d’une hirondelle que l’on voit en raccourci) ; çà et là dans la campagne, quelques touffes de palmiers. »

Entre 1849 et 1852, le jeune Gustave Flaubert réalise un long voyage en Orient avec son ami l’écrivain et photographe Maxime Du Camp : ensemble, ils parcourent l’Égypte avant de remonter vers l’Italie en passant par Jérusalem et Constantinople. Dans cette lettre datée de janvier 1850 et adressée à son ami le poète Louis-Hyacinthe Bouilhet, il raconte ses impressions, l’éblouissement de la descente du Nil, et le spectacle magique des pyramides vues de nuit. On retrouve des textes similaires dans ses carnets de voyage, lesquels serviront d’inspiration littéraire pour certains de ses romans, notamment Hérodias.

L’auteur : Gustave Flaubert
L’illustrateur : Djilian Deroche

Tirage sur papier de création
Extrait littéraire dans son livret
Format 30 x 40 cm

25 €

Les Éléphants

« Ils reverront le fleuve échappé des grands monts,
Où nage en mugissant l’hippopotame énorme ;
Où, blanchis par la lune, et projetant leur forme,
Ils descendaient pour boire en écrasant les joncs. »

Paru pour la première fois en 1862, puis régulièrement réédité et augmenté, Poèmes barbares rassemble des textes publiés dans diverses revues littéraires et prend place avant Poèmes antiques (1852) et après Poèmes tragiques (1884) parmi les œuvres majeures de Leconte de Lisle. Proposant une « poésie taillée dans le marbre », le recueil aborde de nombreux sujets mythologiques ou historiques et chante souvent la beauté des paysages sauvages, univers dans lequel Leconte de Lisle a grandi.

L’auteur : Leconte de Lisle
L’illustrateur : Takeo Doman

Tirage sur papier de création
Extrait littéraire dans son livret
Format 30 x 40 cm

25 €

Sur les nuages

« Une rumeur immense monte vers nous, une rumeur faite de mille bruits, de toute la vie des rues, du roulement des voitures sur les pavés, des hennissements des chevaux, du claquement des fouets, des voix humaines, du ronflement des trains. Dominant tout, proches ou lointains, suraigus ou graves, les sifflets des locomotives semblent déchirer l’air, tant ils sont vibrants et clairs. Voici maintenant la plaine autour de la ville, la plaine verte que coupent les routes blanches, droites, croisées en tous sens, innombrables. Mais tout à coup les détails de la terre, si nets, se troublent un peu comme si on les eût doucement effacés, puis s’embrument derrière une fumée presque imperceptible, puis se confondent tout à fait brouillés, presque disparus. Nous pénétrons dans les nuages. »

Le 8 juillet 1887, le ballon le Horla s’élève dans le ciel de Paris, emportant Guy de Maupassant jusqu’en Belgique. Pris d’enthousiasme pour les voyages en ballon, dans lesquels il voit de nouvelles perspectives scientifiques et imaginaires, l’écrivain a participé au financement de l’aéronef et l’a baptisé d’après le titre de son dernier recueil de nouvelles. Publié en 1888 dans une revue littéraire, « Sur les nuages » n’est ni un journal de voyage, ni un récit d’aventures à la Jules Verne. Le romancier offre au lecteur sa vision personnelle du monde des airs, où le réalisme côtoie le fantastique.

L’auteur : Guy de Maupassant
L’illustrateur : Doug John Miller

Tirage sur papier de création
Extrait littéraire dans son livret
Format 30 x 40 cm

25 €

Promenade en forêt sous-marine

« Polypes et échinodermes abondaient sur le sol. Les isis variées, les cornulaires qui vivent isolément, des touffes d’oculines vierges, désignées autrefois sous le nom de « corail blanc », les fongies hérissées en forme de champignons, les anémones adhérant par leur disque musculaire, figuraient un parterre de fleurs, émaillé de porpites parées de leur collerette de tentacules azurés, d’étoiles de mer qui constellaient le sable, et d’astérophytons verruqueux, fines dentelles brodées par la main des naïades, dont les festons se balançaient aux faibles ondulations provoquées par notre marche. »

Sixième volume des Voyages extraordinaires, Vingt mille lieues sous les mers relate l’histoire de Pierre Aronnax, explorateur et professeur au Muséum d’histoire naturelle. Au cours d’une chasse, sa frégate heurte un monstre, qui s’avère être un sous-marin – le Nautilus. Aronnax, Conseil et Ned Land sont capturés par le chef de bord, le capitaine Nemo. Celui-ci conduit ses prisonniers dans un tour du monde sous-marin recelant une myriade de surprises. L’épisode de la découverte de la forêt de Crespo donne l’occasion à Jules Verne d’évoquer ensemble innovations technologiques et merveilles des abysses. L’inventivité de l’écrivain, alliée à ses connaissances océaniques, botaniques et zoologiques, se déploie pour une promenade féerique au fond de l’océan.

L’auteur : Jules Verne
L’illustrateur : Thomas Rouzière

Tirage sur papier de création
Extrait littéraire dans son livret
Format 30 x 40 cm

25 €

La cataracte du Rhin

« Spectacle merveilleux ! Effroyable tumulte ! Voilà le premier effet. Puis on regarde. La cataracte découpe des golfes qu’emplissent de larges squames blanches. Comme dans les incendies, il y a de petits endroits paisibles au milieu de cette chose pleine d’épouvante ; des bosquets mêlés à l’écume ; de charmants ruisseaux dans les mousses ; des fontaines pour les bergers arcadiens de Poussin, ombragées de petits rameaux doucement agités. — Et puis ces détails s’évanouissent, et l’impression de l’ensemble vous revient. Tempête éternelle. Neige vivante et furieuse. »

C’est probablement la dimension marine et tempétueuse de la cataracte du Rhin qui a amené Victor Hugo à écrire ce texte. Publié en 1842 chez Hetzel, le même éditeur qui publiera Jules Verne, Le Rhin. Lettres à un ami est le fruit des trois voyages réalisés avec Juliette Drouet, sa maîtresse, entre 1838 et 1840. Sous l’apparence d’un journal de voyageur, cet ouvrage est en fait une fiction épistolaire, fruit du travail de recomposition de notes de voyage, de relevés, de dessins griffonnés. Le voyage est pour Hugo un temps de travail intense. « Voyageant le jour, ou visitant les édifices, ou étudiant dans les bibliothèques, je ne puis écrire que la nuit » (lettre à Adèle du 9 octobre 1840).

L’auteur : Victor Hugo
L’illustrateur : Josselin Facon

Tirage sur papier de création
Extrait littéraire dans son livret
Format 30 x 40 cm

25 €

La conquête du Cervin

« Le sommet du Cervin est formé d’une arête grossièrement nivelée, longue d’environ 107 mètres ; les Italiens étaient peut-être parvenus à l’extrémité la plus éloignée ? Je gagnai en toute hâte la pointe méridionale, scrutant la neige d’un œil avide. Encore une fois, hourra ! pas un pied humain ne l’avait foulée. Où pouvaient être nos rivaux ? – J’avançai la tête par-dessus les rochers, partagé entre le doute et la certitude. Je les aperçus aussitôt, à une immense distance au-dessous de nous, sur l’arête ; à peine l’œil pouvait-il les distinguer. »

Le 13 juillet 1865, le Britannique Edward Whymper et son équipe s’engagent dans l’ascension du Cervin (4 478 m) par le côté suisse, pressés de devancer leurs concurrents, partis de l’arête italienne. Le lendemain, le dernier sommet alpin à n’avoir jamais été atteint est vaincu. Réussie après sept tentatives avortées en quatre ans, la conquête du Cervin par Whymper est le point d’orgue d’Escalades dans les Alpes (1871), récit de ses ascensions alpines. Séduit par la réputation d’inaccessibilité du sommet, l’auteur manifeste un goût de l’exploit et un esprit de compétition qui font alors de son livre la bible d’une pratique naissante, l’alpinisme.

L’auteur : Edward Whymper
L’illustratrice : Isabelle Seliger

Tirage sur papier de création
Extrait littéraire dans son livret
Format 30 x 40 cm

25 €